samedi 27 mars 2010

Interlude pause café

Le printemps s'installe et fait naître l'envie de mettre le nez dehors plus qu'à la bibliothèque. Ahhhhh, voir se profiler le martyre des révisions de fin d'année quand votre raison philosophe  vous souffle: "rien n'est plus incertain que le temps de demain, va profite du jour présent!"

Petite pause entre deux pérégrinations où le café s'est invité pour me rappeller, image subliminale, que tout vagabondage extra scolaire se solde par une veillée tardive!

Le café Soulages au Centre Pompidou

Joindre l'utile à l'agréable, faire semblant de parler d'expo pour étudier les financements privés de la culture... La retrospective d'un grand peintre français Pierre Soulages,"Peintre du noir et de la lumière", met en perspective 60 ans de peinture. Essentiellement des monochromes tout noir qui ont permis une association originale de l'inspiration d'"outrenoir" à un mécène dont le noir est la marque de fabrique.
"Entre Nespresso et Soulages c'est avant tout une histoire de goût. Une histoire d'esthétisme."
On sort, et on veut un Nespresso, what esle?

Boire du café c'est être adulte, comme avec Koltès!

Le goût du café m'est arrivé en juillet 2008 et a fait de moi une adulte. Comme Claire, personnage de Quai Ouest, pièce de Bernard-Marie Koltès ce dramaturge messin reconnu et au théâtre sombre comme le café :
Claire  - Je ne suis déjà plus petite. J'ai commencé hier matin à boire du café et j'en ai bu jusqu'au soir. Jamais je n'avais passé une nuit entière sans dormir. Comment fais-tu pour sans effort ne jamais dormir ni le jour ni la nuit?
Quai Ouest, Les éditions de minuit, p. 32

As a result... les méfaits du café :

De passage sur Facebook, je pique une vidéo que j'aperçois chez d'autres, pour me dire que vraiment, je vais finir comme le bonhomme si je continue à surfer sur le net... alors une dernière, et hop, au boulot!


samedi 20 mars 2010

La Sainte-Chapelle, ancêtre de nos musées?

Couronne cherche boîte à bijoux

Baudouin se tourne vers Louis IX : pour légitimer son pouvoir et s'affirmer chef des chrétiens de son royaume, ce dernier est prêt à acquérir la précieuse couronne d'épine qui ne souffre d'aucune contestation. Louis IX affirme ainsi son pouvoir dans une Europe troublée par les divisions du Pape et de Frédéric II.
Le lieu qui accueille les reliques doit être à la hauteur de leur importance. Louis IX fait donc construire la Sainte-Chapelle entre 1241-48 dans son ensemble palatial de l'Ile de la cité : il y vit, y exerce le pouvoir et y rend la justice.
Une chapelle de croisé : palatine et reliquaire
La chapelle a deux fonctions : c'est un lieu sacré pour accueillir les reliques et c'est un lieu de culte pour le souverain et sa cour. Pour organiser l'espace religieux et respecter la hiérarchie, elle est divisée en deux. Une chapelle haute jouxte le Palais royal, une chapelle basse est accessible pour la cour.

Un petit joyau pour asseoir son pouvoir, c'est intemporel!
Achevée en 1248, elle est aussitôt consacrée par le légat du Pape. Les reliques sont conservées dans une châsse, leur présentation répond à une véritable mise en scène. Par ailleurs, les vitraux narrent l'histoire de l'arrivée des reliques à Paris et soulignent l'affirmation de Louis IX comme roi du peuple français chrétien.
En finissant la visite de ce magnifique endroit tout rutillant de sa restauration du XIXème siècle, quelques pensées cheminent...  
Désormais, tout président, qu'il soit de France ou de Navarre, construit son édifice de marque, celui qui donne une image à un territoire, qui met d'accord (presque) tout le monde (enfin comme toujours, juste ceux qui s'y rendent). 

Louis IX asseoit sa légitimité dans un contexte de croisades, au sein d'un territoire qui n'est pas encore unifié, un royaume fait de seigneurs et vassaux. Ce sont aujourd'hui les musées qui deviennent lieux de prestige identitaire, pour certain vecteur d'une identité nationale, pour d'autres d'une volonté de rayonnement international.

lundi 15 mars 2010

Des finances publiques à la Sainte-Chapelle!

L'apocalypse joyeuse !
Puisque nos joyeux lurons de la finance ont annulé (à la suite de mon article sur le blog!) par 2 reprises le cours du lundi, je m'en vais vous dévoiler d'autres secrets d'état...

Insouciante, cette semaine s'est terminée par un cours d'histoire "in situ", où l'histoire de France se découvre au coeur de l'Ile de la cité. (Imaginez la chance que vous avez, j'aurais pu vous parler du Salon de l'agriculture et de ses animaux stressés!)

De l'école primaire ... à Louis IX, roi des Francs
Louis IX, ou Saint Louis, que de lointains souvenirs.... je ne suis pas sûre d'en avoir entendu parlé depuis mon école primaire.
Arrivé sur le trône du Royaume à 12 ans, sa mère du jeune Blanche de Castille assure la régence de Louis entre 1226 et 1235. Le temps pour lui de finir l'école primaire et hop, au boulot!

1237, les affaires reprennent. Ou comment Baudouin II finance sa dette publique...
Au début du 13ème siècle, les Croisés s'étant emparés de Byzance, l'Empire latin était créé. Mais en 1337 l'Empereur Baudoin II ne règne déjà plus que sur Constantinople et a besoin d'argent. Il met en gage des reliques auprès de vendeurs vénitiens. Croyez-moi si vous le voulez, mais là cette époque royaume de France peut compter sur de solides ressources financières, issue de l'exploitation des terres du domaine royal.

Pour ménager vos efforts de lecture, et vous divertir en vous cultivant, un petit aperçu de l'Ile de la Cité en 3D (c'est un peu moins trash que Didier Super, non?)

Suite et fin dimanche prochain, à vos agendas, abonnement en ligne, tout est permis!



dimanche 7 mars 2010

Survivre au lundi

Après avoir sorti "out of the box" toutes mes réfléxions au Cabinet, je décide d'abandonner la vie en slides.

Je me suis couchée en ligne les 8 jours précédents une présentation power point, j'ai titré mes rêves en gras, je me suis réveillée en flèche, j'ai marché dans une bulle et fini par disparaître dans un fondu enchaîné, à présent, je tourne la diapo.

Ou pourquoi il convient de terminer la semaine par le cours du lundi

Chouette, c'est lundi! Haut les coeurs, je monte les 3 étages qui mène à la salle du savoir, la fleur au fusil je dégaine crayons, stylos et motivation. J'ai cru entendre que c'est un cours tenu par un gars bien, M. Morin, il me semble qu'il passait à la télé et joue de la clarinette.
 
Là, à peine assise,  je ne le reconnais pas et sourire aux lèvres, pan! : "tendance, programme, objectif, croissance potentielle, croissance effective". Aïe, il a dégainé d'un coup... "cycle politique, cycle économique, disymétrie de la gestion du cycle". C'est mal partie son affaire. 
 
"Conjoncture, rigidité des dépenses publiques, déficit, dette, situation financière très dégradée..." Je frotte mes yeux, mets mes lunettes pour être sûre de bien entendre, toussote et dis "ahhhh", non non, j'entends bien.

"Effondrement de l'investissement publique, caractère contra-cyclique du chômage, endettement à hauteur de 91% du PIB...", et je vous passe la vulgarité des chiffres, on se regarde tous, et on a envie de pleurer. C'est lundi matin, 10h15, la semaine commence.

Le meilleur moyen de se défendre : penser à autre chose...

Ces quelques petites notions m'interpellent, réfléchissons...

Si les décideurs ne pensent pas en cycle économiques mais en cycle politique et que tout ça contribue au marasme, c'est peut être parce qu'eux aussi, ils avaient cours de Finances publiques le lundi matin. Pour y survivre, peut-être faisaient-ils comme nous : ils séchaient les cours. 
Ainsi donc, notre problème de gouvernance n'est qu'un problème d'emploi du temps.

Si c'est donc un problème de cancres, ne convient-il pas d'investir sur leur formation?
D'ailleurs, le monsieur l'a dit : l'augmentation du poids de la dette (... remerciez-moi de couper la séquence augmentation du taux d'intérêt) réduit de la marge de manœuvre budgétaire, donc les dépenses d’avenir, ce qui remet en cause notre potentiel de croissance future et fait douter les acteurs financiers de la solvabilité du bordel. Et là, je pense que certes l'Education Nationale est le plus gros poste de dépenses de l'Etat, mais qu'au final, c'est vraiment là que réside le potentiel de croissance qu'il faudrait sauver.

La chance de vivre aujourd'hui, mais demain?

Je me demande ce que ça fait d'apprendre dans des classes de 30 élèves, et peut être plus. Je me demande ce que ça fait de savoir qu'on aura une retraite. Alors je me dis que finalement, j'ai bien raison de ne plus y cotiser mais de profiter dès aujourd'hui de la retraite d'un gentil investisseur, qui espère obtenir un retour sur investissement. C'est ça mon système de répartition, et finalement, c'est pas si con.

NB : vu mon interprétation de mon cours, le doute est permis... alors j'ai trouvé une explication plus accessible, mais pas tout à fait dans le thème

Crise : faut-il plus de régulation ? - Vidéos/Interviews

ah oui, et comme je n'ai pas honte du mauvais goût, un p'tit clip d'ambiance décadente :