La RATP vous transporte, Paris vous transforme
Rapidement, le trajet semble toujours trop long, les personnes qui le peuplent insupportables, les hommes que vous aviez cru charmants ne vous sourient plus. Pour la simple raison que bien avant de croiser leur regard, vous les toisez méchamment, parce que vous les voyez bien se préparer à vous pousser, à vous passer devant, ils veulent être sûrs de sortir les premiers et sont prêts à vous jeter sur la voie, instinct grégaire de ceux qui ne prêtent pas attention à un rapport de force pourtant si déloyal.
Ce n’est pas la bouche d’aération qui sent mauvais, se sont ceux qui sont montés à côté de vous et qui vous collent, parce qu’il faut bien que tout le monde soit à l’heure au travail, et même à 7h30, tout le monde a déjà mis ses mains sur la barre où l’on se tient, elle est chaude, moite, opaque, dégueulasse . Mais pas le choix, sinon, c’est tomber sur votre voisin dont l’arrière des oreilles vous retourne le petit déjeuner du matin (La règle : le petit-déj se prend APRES le métro). On ne leur en veut pas, d’autres regardent certainement les petits riens de votre personne auxquels vous ne portez pas d’attention…
Vous rentrez dans le métro, il fait jour, vous voulez en sortir, hélas!, en même temps que tout le monde, en faisant la queue et au moment où vous sentez l'air frais au bout du tunnel, les portes automatiques se referment sur votre nez dans un bruit sourd, les gens derrière vous ruminent, vous vous arrachez vers la sortie, il fait nuit.
C'est toi et moi et moi (et surtout moi, moi, MOI) contre le monde entier...
Paris, c’est un combat de soi-même contre la foule entière, une survie permanente. On s’endurcit, par la force des choses...
A présent, j'en arrive même à jouir de parvenir parfois à rendre le coup qu’on venait de me donner (oh, pardon! désolée...) ou de pousser tout le monde en sautant dans la rame archi pleine après avoir pris quelques mètres d'élan ("allez hop'!", qu'ils faisaient) juste après avoir marché dans une crotte de chien.
