samedi 31 octobre 2009

I love le métro (où l'on repasse en métro...)

La RATP vous transporte, Paris vous transforme
Rapidement, le trajet semble toujours trop long, les personnes qui le peuplent insupportables, les hommes que vous aviez cru charmants ne vous sourient plus. Pour la simple raison que bien avant de croiser leur regard, vous les toisez méchamment, parce que vous les voyez bien se préparer à vous pousser, à vous passer devant, ils veulent être sûrs de sortir les premiers et sont prêts à vous jeter sur la voie, instinct grégaire de ceux qui ne prêtent pas attention à un rapport de force pourtant si déloyal.

Ce n’est pas la bouche d’aération qui sent mauvais, se sont ceux qui sont montés à côté de vous et qui vous collent, parce qu’il faut bien que tout le monde soit à l’heure au travail, et même à 7h30, tout le monde a déjà mis ses mains sur la barre où l’on se tient, elle est chaude, moite, opaque, dégueulasse . Mais pas le choix, sinon, c’est tomber sur votre voisin dont l’arrière des oreilles vous retourne le petit déjeuner du matin (La règle : le petit-déj se prend APRES le métro). On ne leur en veut pas, d’autres regardent certainement les petits riens de votre personne auxquels vous ne portez pas d’attention…

Vous rentrez dans le métro, il fait jour, vous voulez en sortir, hélas!, en même temps que tout le monde, en faisant la queue et au moment où vous sentez l'air frais au bout du tunnel, les portes automatiques se referment sur votre nez dans un bruit sourd, les gens derrière vous ruminent, vous vous arrachez vers la sortie, il fait nuit.

C'est toi et moi et moi (et surtout moi, moi, MOI) contre le monde entier...
Paris, c’est un combat de soi-même contre la foule entière, une survie permanente. On s’endurcit, par la force des choses...
A présent, j'en arrive même à jouir de parvenir parfois à rendre le coup qu’on venait de me donner (oh, pardon! désolée...) ou de pousser tout le monde en sautant dans la rame archi pleine après avoir pris quelques mètres d'élan ("allez hop'!", qu'ils faisaient) juste après avoir marché dans une crotte de chien.

mercredi 28 octobre 2009

Ces 10 secondes d'inattention...

"Remarquons qu'une plus value de cession ne doit pas être systématiquement interprétée comme une "bonne affaire" pour l'entreprise, car elle ne prend pas en compte l'inflation"
C'est avec ce petit mot qu'un certain M. Friedrich, qui a écrit un gros manuel (bah... de  quoi encore?!), tente de communiquer avec son lecteur (parce qu'il est sûr qu'on ne le lit pas pour le plaisir, et ça le frustre, parce que lui, ces trucs ardus, ça le passionne).
Mais que dit-il au juste?


Que son manuel est si formidable qu'il nous permet de comprendre les méandres de la compta. Si bien que nous pouvons, avec lui, conclure sur une évidence accessible aux initiés. Arrivée p. 272, puis-je me dire que je ne suis plus néophyte mais son quasi alter ego ???

Monsieur Friedrich, à moi de vous parler et de vous remercier. Merci, dans ce geste pédagogue, de me faire comprendre que je dois relire, pour la 5ème fois ce soir, le même paragraphe qui précède l'ultime accès au niveau "intermédiaire". Et peut-être encore les quelques pages qui le précèdent...
Mais avant de tourner la page, stylo en l'air, je me demande :

Et vous, que faites-vous de vos soirées?

dimanche 25 octobre 2009

I love le métro

(épisode 1)

J'ai deux amoooours...!
J’avais toujours cru que les personnes qui ne se plaisaient pas à Paris n’avaient rien compris... Ignorantes de leur chance, à la limite du snobisme et la mauvaise volonté, ces inadaptés étaient comme une insulte à la ville la plus belle du monde.
Ah, enfin, je vis à Paris !

Et je prends le métro...
C’est typiquement parisien, ça va vite, ça sent la bouche d’aération, ça sent bon la ville. C’est pratique et tellement romantique, une aventure de chaque instant. Le métro renferme toutes les contradictions : les espoirs et les déceptions, l’art et le mauvais goût, les touristes lents et perdus, les travailleurs efficaces et pressés. Chaque station a son caractère, chaque ligne ses modes de vie, d'un bout à l'autre, l'excès rejoint le dénuement, les snobs deviennent populaires. Du monde à n’en plus finir s'y cotoie, silencieux ou bruyants, les voyageurs pensent parfois tellement fort qu'on les entend quand bientôt on n'entend plus la musique de ceux qui viennent faire la manche (petite restriction : assis sur le strapontin, le gros trombonne se colle tout à coup à votre oreille ... histoire de vous prendre à témoin dans un délire participatif). Je n'ai jamais vu autant de personne lire en même temps, je ne me serais jamais faite autant bousculer, écrabouiller...

Etre ou ne pas être le bizarre d'un autre?
Au final, ce lieu devenu rapidement si familier dans lequel nous ne sommes personne, anonyme au milieu de la foule, ce serait le moment de se laisser aller à quelques bizzareries...









mercredi 21 octobre 2009

Pour tout le reste, il y a la carte...

Quitter un travail, un salaire, un réseau, un statut, pour reprendre des études... quelle hérésie!

Oui, mais il y a la carte...
Oui, mais c'était sans compter sur l'immeeeense privilège de pouvoir étudier à Sciences Po!
Certes, les profs sont reconnus, ou à défaut du "re", parfois juste connus, et puis on rencontre tout plein d'énarques qui travaillent dans les Ministères, des grands hommes bourrés de convictions, issus de milieu divers et variés... Enthousiasmant!

Mais cela ne fait du reste pas oublier à certains qu'avant de devenir un grand quelqu'un, ils ne sont que d'avisés petits étudiants dont le seul privilège reste ... la "Sciences Po card"
(non je ne m'inclus pas dans ce "ils", "Bout" je suis, grande je ne serai pas) !

Voilà pour vous une petite vidéo, dont vous apprécierez le ton et l'humour à votre guise, mais au final assez représentative de ce que je vois tous les jours (le coin, les salles de classe, ...)  :

dimanche 18 octobre 2009

Première critique

Un joyeux non anniversaire...!
Hier soir, j'ai voulu célébrer le fait de ne pas avoir encore 30 ans. Je suis allée dans un de ces théâtres qui proposent aux "jeunes" des tarifs spéciaux. Mon choix s'est porté sur l'Athénée théâtre - théâtre Louis Jouvet, parce que la pièce qui était à l'affiche a été encensée par la critique.
C'est cela, oui...
Enfin, quand je dis LA critique, ce n'était pas le Télémagazine du Répu, hein, c'était Les Echos (j'aurais dû me demander ce qu'ils connaissaient au théâtre), le Figaro, Le Monde, TOUTES les émissions de France Inter, et j'en passe... Cela dit, le thème et l'auteur de la pièce, "Minetti" de Thomas Bernhard, auraient dû éveiller en moi quelques soupçons... Pleine d'entrain parce que toute expérience est bonne à prendre, je m'y suis rendue 1 heure avant le début, histoire de profiter d'une place réduite et du bar du théâtre...
Les grands acteurs ont toujours effrayé leur public...
(dixit Minetti, personnage principal de la pièce)
... oui, cela résume tout, et c'est bien le problème. Je vais pas vous refaire le match, venons en au meilleur moment : la fin. La pièce a été très applaudie, parce que les acteurs sont méritants face à un texte selon moi peu "théâtral" (en gros long monologue ennuyeux). Mais je ne suis rentrée ni dans le texte, ni dans la pièce.
Reste que oui, l'acteur Serge Merlin sert le texte de manière effrayante : blafard (merci la poursuite), balbutiant et tremblant, vieux comme le personnage si bien qu'on se demande s’il ne va pas y passer (là est la tension dramatique de la représentation), ou si lui-même ne ressent le même désarroi que le personnage, ce sentiment de passer à côté de sa vie au moment d'en faire le bilan. Il était saisissant et émouvant.
And the winner is...
Je cesse ici mon commentaire pour dire que j'ai compris bien après pourquoi le barman a tenu à m'offrir un verre de vin avant la pièce : c'était un traitement préventif, il fallait ragaillardir la spectatrice, un verre de vin illumine bien 1h20 de spectacle.

To beginn with...

Premières impressions
Courir sans cesse, après le métro, le RER, le transilien... le temps à Paris est un moyen de transport.
Marcher toujours, plus loin, plus vite, plus fort, la marche à Paris est une métaphore de la survie dans cette ville : dépasser pour ne pas être dépassé.

Voilà donc déjà un bon mois que j'ai cédé à ce rythme sans trop prendre le temps de voir, d'écouter, de savourer et partager avec tous quelques bribes d'une autre vie.

Puisque c'est dimanche, je m'arrête enfin pour lancer une initiative : déposer ici quelques billets réguliers dont le ton et le contenu varieront selon l'inspiration. Histoire de partager ici quelques petites nouvelles de manière moins factuelle...
Un peu d'indulgence, il sera temps petit à petit de maîtriser l'outil, couleurs, photos, animations... pour le moment, en avant!